wwww.journaldunet.com - 12 décembre 2003
Casinos en ligne : au petit bonheur la chance
Selon un rapport chapeauté par Bercy, le
marché mondial des jeux d'argent en ligne se développe de
façon très disparate face à des
législations nationales divergentes.
La DREE, Direction des relations économiques extérieures
(une branche du ministère de l'Economie, des Finances et de
l'Industrie), a publié en octobre dernier un rapport sur les
casinos et les jeux d'argent en ligne. Ce rapport démontre une
forte hétérogénéité internationale
dans l'appréhension de ce marché, tant sur
l'évaluation de son périmètre, qu'au niveau
législatif ou du régime de délivrance.
Selon la DREE, l'estimation de la taille mondiale du marché des
jeux d'argent en ligne varie ainsi de quelques milliards de dollars
à près de 30 milliards. De même, le nombre de
sociétés présentes sur le secteur demeure
très flou. Il serait en tout cas supérieur au millier.
Enfin, les autorités britanniques estiment que le marché
regroupe quinze millions de joueurs dans le monde. Mais, là
encore, difficile de se faire une idée précise de la
taille cette population : une grande partie des internautes jouent sur
ces services clandestinement, la législation de leur pays leur
interdisant une telle pratique.
Si de fortes restrictions en matière de jeux d'argent en ligne existent dans de nombreux pays, rares sont ceux qui ont opté pour une interdiction totale de telles activités. La DREE en a retenu trois : les Etats-Unis, le Luxembours et les Pays-Bas. Plus couramment, des licences sont attribuées à des monopoles, qui relaient en ligne des monopoles existants déjà offline. C'est le cas par exemple du Danemark, de l'Autriche, de Hong-Kong, de la Suède ou encore de la France, où seuls La Française des Jeux et le PMU ont l'autorisation.
En dehors des classiques paradis fiscaux (situés aux Caraïbes principalement), d'autres pays autorisent plus largement cette activité et fournissent des licences d'accréditation pour des intervenants privés. C'est le cas de l'île de Malte, de celle d'Aurigny, des Antilles néerlandaises et de l'Ile de Man.
L'Allemagne, l'Australie, l'Autriche délivrent, elles aussi, des licences mais de manière très restrictive. A ce jour, une seule autorisation a été délivrée dans chacun de ces pays. Dans les îles britanniques, une douzaine de licences ont en revanche été validées. Mais à compter de 2004-2005, d'autres pays devraient venir grossir les rangs : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal ou encore Macao. Tous ces pays sont en train de faire évoluer leur législation pour prendre en compte l'essor des jeux d'argent en ligne.
Cette période de transition est à l'origine de situations assez cocasses dans certains pays. Ainsi l'Australie et les Antilles néerlandaises interdisent à leurs ressortissants de jouer aux casinos, qu'ils ont pourtant autorisés sur leur territoire. Face à une hostilité croissante de l'opinion publique face au pouvoir de séduction de ces services, ces deux pays ont préféré adopter une législation nationale plus restrictive. Les clients du seul casino virtuel australien homologué (celui de la ville d'Alice Springs, dans les territoires du Nord) proviennent ainsi pour plus de 50 % des Etats-Unis.
La DREE souligne que dans cet environnement flou, ce sont les paris qui semblent le mieux réussir en matière de jeux d'argent en ligne. Sur ce marché, certains pays limitent les paris à des secteurs précis. C'est le cas de l'Italie et de Hong Kong, où les paris virtuels ne concernent que les courses de chevaux. Mais d'autres pays apparaissent très libertaires, comme le Royaume-Uni, où les bookmakers proposent déjà un large éventail de paris en ligne.
En Europe, on soulignera l'expérimentation actuellement menée par les Pays-Bas, qui ont décidé de lancer une expérience pilote au cours du mois de décembre avant de modifier la loi sur les jeux de hasard. Le gouvernement néerlandais en est encore à la phase de sélection des opérateurs. Pour l'instant, un seul a trouvé grâce à ses yeux, hollandcasino.nl. Le test devrait durer deux ans et être réalisé sous la tutelle de l'administration néerlandaise. A son terme, il sera décidé si le "e-gambling" sera autorisé ou non aux Pays-Bas.
Aide aux joueurs : Si vous-même ou un de vos proches avez un problème avec le jeu, allez de suite sur www.adictel.com