Novembre 2001 - Claude Boutin, Michel Dumont, Robert Ladouceur. - Fairplayers.com
Dossier : Le traitement cognitif du joueur compulsif.
Le hasard
Tous les joueurs excessifs entretiennent une compréhension erronée
du hasard, ce qui alimente leur goût du jeu. Comme il s’agit d’un
traitement propre aux jeux de hasard et d’argent, il importe que le
joueur, en début de thérapie, soit en mesure de bien saisir cette notion. Le thérapeute travaille avec le joueur à l’identification d’une définition appropriée du hasard, c’est-à-dire tout événement imprévisible sur lequel une personne n’a aucun pouvoir.
Les pièges des jeux de hasard
Souvent, le joueur oublie le sens véritable du mot « hasard » dès
qu’il ressent le goût de jouer. Le joueur excessif se laisse envahir par
les illusions et les pièges des jeux de hasard. Il est donc incapable de
leur résister. Les jeux sont conçus de façon à laisser croire qu’il est
possible de prédire un tour gagnant. Le joueur développe ainsi plusieurs
idées erronées qui le rendent prisonnier de ces jeux. La tâche
de l’intervenant consiste à semer le doute chez le joueur quant au
bien fondé de ses croyances. L’intervention vise d’abord à lui faire reconnaître
ses idées erronées. Le joueur reçoit notamment de l’information
concernant les taux de retour des jeux, l’indépendance des
tours, les illusions de contrôle, les superstitions et le désir de se refaire.
Par la suite, chaque dimension est abordée à fond, et l’intervenant
habilite le joueur à reconnaître et modifier les idées erronées
qui guident ses choix par le biais de l’exercice « À moi de jouer ».
Une métaphore complémentaire à celle du Slinky peut expliquer
comment les joueurs excessifs en arrivent à poursuivre leur activité
de jeu même s’ils se voient perdre davantage.
Le syndrome de l’autobus
Un phénomène humain et normal tend à coincer le joueur excessif
dans un cycle perpétuel de retour au jeu. Le « syndrome de l’autobus» ou entrapment est un facteur déterminant de l’ambivalence du
joueur à cesser toute activité de jeu. Il nous est tous arrivé d’attendre
inutilement l’autobus au coin d’une rue. Devions-nous quitter
ou continuer à attendre ? Le joueur excessif vit ce terrible dilemme.
Comme il a tellement « investi » de temps et d’argent, il ne peut se
résoudre à l’idée d’abandonner le jeu. Pour lui, l’espoir réside toujours
dans la prochaine mise.
Références
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Ladouceur, R., Boutin, C., Doucet, C., Lachance, S., & Sylvain, C. (2000). Programme d’évaluation et de traitement des joueurs excessifs. Université Laval, Québec.
Ladouceur, R., Sylvain, C., Boutin, C., Lachance, S., Doucet, C., Leblond, J., & Jacques,
C. (sous presse). « Cognitive treatment of pathological gambling ». Journal of Nervous
and Mental Disease.
Ladouceur, R., Sylvain, C., Boutin, C., & Doucet, C. (2000). Le jeu excessif : comprendre
et vaincre le gambling. Montréal, Éditions de l’Homme.
Ladouceur, R., & Walker, M. (1996). « A cognitive perspective on gambling », in
P. M. Salkovskis, (éd.), Trends in Cognitive and Behavioral Therapies, Wiley,
New York, p. 89-120.
Petry, N. M. & Armentano, C. (1999). « Prevalence, assessment, and treatment of pathological
gambling: A review ». Psychiatric Services, 50, p. 1021-1027.
Toneatto, T., & Ladouceur, R. (2001) « A critical review of the treatment outcome studies
of pathological gamblers ». Article soumis pour publication.
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