Jouissant d'une popularité grandissante aux Etats-Unis, le poker, qui attire un nombre croissant d'adeptes et bénéficie d'une très large exposition médiatique, aspire désormais à devenir un sport olympique. Coup de bluff ?
Le poker est-il un sport ? Il y a une quinzaine d'années, le débat n'aurait même pas eu lieu. Personne n'aurait d'ailleurs osé prononcer ces deux termes dans la même phrase. Mais les mours évoluent. Grâce, entre autres, à la télévision. Depuis qu'elles sont transmises sur de nombreuses chaînes américaines, dont ESPN, leader en matière d'évènements sportifs, les compétitions de poker bénéficient désormais d'une toute autre image. « Si c'est diffusé sur ESPN, j'imagine que cela signifie qu'il s'agit d'un sport,» observe ironiquement Charles Tillman, le défenseur vedette de l'équipe de football des Chicago Bears.
Même si personne ne conteste les qualités mentales requises par le jeu, la communauté sportive ne semble pas prête à accueillir le poker en son sein. « Aujourd'hui, les mots athlète et sport sont vraiment galvaudés », déplore Bryan Clay, vice-champion olympique de décathlon. « Si ce n'est quand on distribue les cartes ou quand on attrape une bière, il n'y a absolument aucune activité physique au poker » renchérit Dwight Philips, le champion olympique de saut en longueur. Les joueurs, défendent évidemment la position inverse. A commencer par Doyle Brunson, l'un des orfèvres du full et du flush, qui serait devenu l'une des stars de NBA si un grave accident n'avait mis un terme à sa carrière de basketteur.
« Il y a énormément de points communs entre le sport et le poker, soutient-il. Il faut être très fort mentalement et avoir de l'endurance physique. Lors du dernier tournoi que j'ai gagné, j'ai passé 18 heures à la table le premier jour, 16 heures le jour d'après et le surlendemain. Je m'entraîne comme n'importe quel athlète. Si je passe plusieurs semaines sans jouer, je me sens rouillé et je commets beaucoup d'erreurs. » Les meilleurs joueurs de poker possèdent effectivement la force mentale et la discipline des plus grands sportifs, et comme ces derniers, beaucoup s'attachent les services d'entraîneurs personnels afin d'améliorer leur condition physique.
« Invitez certains sportifs au sommet de leur forme à venir s'asseoir à la table avec nous.Et je vous parie qu'ils s'effondreront avant nous », fanfaronne Brunson. Si le débat fait rage, c'est qu'une question importante se pose en filigrane : le poker peut-il devenir un sport olympique ? L'idée n'est pas aussi farfelue qu'il y paraît. Le Comité international olympique reconnaît déjà en effet la fédération internationale de bridge et a mis à l'essai celles de billard, d'échecs et de danses de salon. Le suisse Marc Hodler, l'un des pontes du CIO, se bat pour que le poker obtienne le même statut. « J'ai l'intime conviction que le cerveau humain est au moins aussi puissant que les muscles », affirme t-il.
Si aucune des ces disciplines exotiques n'est attendue aux Jeux pour l'instant, la Fédération internationale de poker veut être la première à s'y faire accepter. Pour ce faire, elle s'apprête à disputer la plus belle partie de poker menteur de son histoire pour convaincre les dépositaires du mouvement olympique, qui en connaissent un rayon en matière de bluff.
L'australien Joseph Hachem est le dernier champion du monde de poker. Avant de décrocher une médaille ?
Il y a énormément de points communs entre le sport et le poker. Il faut être très fort mentalement et avoir de l'endurance physique. Et s'entraîner comme n'importe quel athlète »
Aide aux joueurs : Si vous-même ou un de vos proches avez un problème avec le jeu, allez de suite sur www.adictel.com
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